Votre organisation est-elle structurée pour innover ?

Posté par Julie Koffi le 25 avril 2019

Votre organisation est-elle structurée pour innover ?

9 tips pour être plus innovant

 

Dans un précédent article, nous évoquions l’importance de l’innovation ouverte et citions Renault, Orange, Toyota et Sanofi parmi les entreprises qui avaient su s’y convertir et en tirer intelligemment profit.  Trois d’entre elles figurent au classement des 100 entreprises les plus innovantes 2018 selon BCG paru la semaine dernière. Coïncidence ?

 

 

Si les impacts positifs d’une innovation maîtrisée et réussie ne sont plus à prouver, il ne faut pour autant pas oublier que toutes les entreprises ne sont pas forcément structurées pour innover. Ainsi, dans un article intitulé Why big companies can’t innovate, Maxwell Wessel prend l’exemple de l’entreprise américaine de nourriture pour bébés Gerber qui a échoué à lancer Gerber Single, sa gamme de plats cuisinés destiné aux jeunes adultes (le type de gamme qui a remporté un franc succès lorsqu’elle a été lancée par des start-up). Gerber, explique-t-il, est représentatif des entreprises dont la raison d’être n’est plus d’inventer mais de délivrer : identifier un problème et lui apporter une solution, c’est pour les start-up. Les entreprises, elles, sont rôdées pour un tout autre job : mettre en place et assurer l’industrialisation de la délivrance de cette solution, grâce à une structure organisationnelle adaptée et des process optimisés.

 

Prendre conscience de ses limites et accorder plus d’autonomie et de liberté à ses équipes

 

La seule question qu’autorise une telle structure serait donc « comment peut-on faire, en un peu mieux et en un peu moins cher, ce qu’on fait déjà ? » Pour Wessel, peu d’innovations naissent ainsi ; en outre, il y a un risque réel à vouloir faire de l’« innovation disruptive » alors qu’on est déjà bon dans ce qu’on fait. Mais, dit-il, pour ceux « qui souhaitent consolider leur croissance grâce à l’innovation, la solution réside dans la reconnaissance des limites de son organisation et l’autonomisation de groupes aux objectifs et moyens opérationnels différents. Pour donner aux équipes la liberté de créer Odwalla Smoothies plutôt que de les forcer à entrer dans un moule dont ne pourra sortir que Gerber Single. »

Prendre conscience de ses limites et accorder plus d’autonomie et de liberté à ses équipes : voilà ce qu’il est conseillé de faire à toute entreprise souhaitant innover.

BCG, justement, a étoffé son rapport avec tout un tas d’articles passionnants, dont S’organiser pour l’innovation digitale où sont détaillés les points communs aux entreprises les plus innovantes. En l’enrichissant d’autres articles qui nous inspirent et en puisant dans notre propre expérience, nous avons établi notre liste perso des dix tips pour être plus innovants.

 

 

Pourquoi on fait ça, déjà ?

SPOILER ALERT : « pour faire comme tout le monde » n’est pas une réponse ! Tendayi Viki, dans un article paru dans Forbes, explique que les raisons qui vous poussent à mettre en place ces changements doivent être claires poseront des bases indispensables à la transformation de la culture d’entreprise.

 

Le client au centre

Quelles que soient vos raisons d’innover, le BCG rappelle qu’elles sont censées n’aller que dans un sens : satisfaire les besoins et désirs du client (qu’il faut chérir et dont l’expérience doit être la meilleure possible, on ne vous le répètera jamais assez).

 

Faire un bilan

Tendayi Viki, recommande de réaliser avant toute chose une étude approfondie de l’entreprise : quels sont ses précédents succès ? Quelles initiatives ont échoué et quelles sont les raisons de cet échec ? Cela permettra également, de déceler les early adopters, ces services « qui comprennent comment le monde change et ce qui doit être fait » et sur lesquels il est conseillé de s’appuyer pour initier son agenda de transformation.

 

 

Tout le monde à bord

Votre entreprise ne pourra pas se transformer si les salariés ne sont pas impliqués dans ce changement. Tendayi Viki nous prévient : « c’est une bataille pour le cœur et l’esprit », pourtant il est formel sur l’importance de s’assurer du soutien idéologique du management qui doit être votre « couverture aérienne » quoi qu’il arrive et du soutien opérationnel du middle management, indispensable pour une mise en œuvre au quotidien de la politique de transformation.

 

Transversalité des expertises

LE BCG recommande d’éviter les « silos fonctionnels » en associant dans une même équipe des expertises variées. Ainsi les idées et les données circuleront mieux et seront plus aisément exploitées. Dans un article paru sur fastcompany.com, Ben Schiller explique même que la diversité prise au sens large est bénéfique pour l’innovation et cite une étude qui a montré que les entreprises qui remplissent le plus les exigences de diversité annoncent en moyenne deux nouveaux produits par an, le double d’une entreprise classique.

 

Agilité

Derrière ce mot à la mode il y a un principe très simple : réduire les temps de décision et les délais d’allocation de ressources humaines et financières pour fluidifier les process. Cela passe par une responsabilisation des équipes et l’octroi d’une plus grande liberté d’agir ; le BCG conseille également de se concentrer sur un petit nombre d’indicateurs clés de performance simples et clairs. Tendayi Viki insiste quant à lui sur l’importance, tout en restant ferme sur les principes qui motivent les décisions, de savoir faire preuve de souplesse sur les techniques employées pour leur mise en œuvre.

 

 

Place à l’expérimentation

Les entreprises les plus innovantes selon le BCG n’hésitent jamais à « essayer, échouer, s’améliorer ». Elles ne craignent pas l’échec mais lorsque quelque chose marche elles sont capables d’avancer rapidement. Différentes méthodes permettent de faciliter cette expérimentation et notamment la méthode Google Design Sprint que BrainsWatt propose en workshop.

 

Une organisation optimisée

Le BCG recommande de viser l’« excellence opérationnelle », avec une organisation solide tout en restant simple. Les structures et process doivent être standardisés, les rôles et responsabilités clairs et l’amélioration continue. Une première étape peut être, comme le conseille Annabel Acton, de remettre en question les activités quotidiennes qu’on accomplit les yeux fermés. Amazon, par exemple, a renversé le process d’idéation en commençant par rédiger le communiqué de presse d’une idée puis, s’ils y parviennent, rédigent les FAQ, puis le mode d’emploi… et ainsi de suite jusqu’à l’expérimentation.

 

Petits changements et première victoire

Annabel Acton recommande aussi de commencer par de petits projets. D’abord parce que c’est souvent une accumulation « de petites choses nouvelles qui s’additionne pour faire une grande différence », mais également parce qu’ainsi vous augmenterez vos chances d’atteindre plus vite une première victoire qui, comme le rappelle Tendayi Viki, crédibilisera votre plan de transformation et vous assurera une plus rapide confiance des équipes.

 

 

Pour aller plus loin

Ouvrage

The Amazon Way: 14 Leadership Principles Behind the World’s Most Disruptive Company

 

Articles en ligne

Annabel Acton – 10 Ways You Can Innovate at Work Every Single Day—No Matter How « Boring » Your Job Title

Le classement BCG des 100 entreprises les plus innovantes en 2018

Tendayi Viki, Eight Ways To Transform Your Company’s Innovation Culture

Ben Schiller, Want A More Innovative Company? Simple: Hire A More Diverse Workforce

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